50 nuances de gras

50 nuances de gras

 

Encore un coup des studios « paté-macaronis » qui cartonnent ces jours –ci avec « la famille gésier » dont nous vantions dans ces colonnes le succès.

La firme gersoise récidive et permet aux studios du grand Auch, la fameuse silo-vallée, de tourner une nouvelle super production « fifty ouais of grass » pour la version outre-Atlantique.

50 nuances de gras, c’est du torride, du gros, de l’amour campagnard, un zeste de poésie sur une tartine de foie gras.

Entièrement tourné en décors naturels avec une fabuleuse scène érotique sous la halle de Gimont, 50 nuances de Gras voit le triomphe de physiques atypiques bien de chez-nous : Jean-Marc Lecouennu et Marcelle Poupoucette.

 

« Marcelle, habitante de Garbic, en banlieue de Gimont, est depuis toujours amoureuse de JM. Anonymement, elle lui adresse des défis érotiques par canard voyageur. JM, lassé de sa vie de trader en charcuterie gersoise, se laisse tenter et va tout quitter pour réaliser ces défis les plus fous comme faire l’amour dans un tracteur Massey Fergusson en saison de labour ou encore prendre un bain de minuit dans un fût de Gros Manseng vendanges tardives ».

Pitch recueilli auprès de M. Pasquier, à la brioche bien connue et fièrement arborée.

 

Quelques réactions de journalistes privilégiés en avant- première :

« C’est plein de rondeurs et de collines ».

« Les scènes SM sont plus authentiques avec du matériel de ferme ».

« Un joli coup de pub pour la Gascogne et ses fameux lapin-lovers ».

« Du gras, de l’herbe, du foin, des plumes et des poils ! »

 

Un film pour public averti avec quelques scènes où la sensualité animale est extrême…

 

 

Grenoble

Par un petit jour gris d’hiver nous nous sommes engouffrés jusqu’à toi. A ton entrée nous nous sommes arrêtés. Le long de l’Isère galopait une longue rue uniquement tapissée de pizzerias, serais-tu la capitale alpine de la pizza ? Nous nous sommes restaurés agréablement « au Casanova ». Rapidement nous avons grimpé à l’assaut de ta bastille, avec des œufs rigolos en petites grappes de 4, nous hissant doucement dans une grisaille hivernale cachant une neige certaine sur des sommets environnants dérobés. D’en haut tu es belle et sportive, ton centre à nos pieds nous attire et nous contemplons ton extension humaine et industrielle. En haut, il fait frais, si nous avions un peu plus de temps et de courage nous redescendrions vers toi le long de ce petit chemin serpentant bien entretenu, régulier, bordé de petits chênes charmants. Nous visitons une expo d’art moderne, c’est beau et intrigant, léger et sobre. Nous glissons jusqu’à ton centre ancien, animé et marchand, piéton et bien entretenu. Dans de belles rues pavées nous nous promenons, un tramway nommé Plaisir sonnant ci et là pour nous animer. Déjà le soir tombe et t’ensevelit pendant que tu te pares de tes bijoux de lumières. Ce n’est qu’un au revoir, nous remontons le long de l’Isère, te remerciant pour cette belle journée découverte.

La famille Blaireau

Alors que la famille Bélier est encore dans les salles, un remake gascon est en cours de tournage. La famille Blaireau, c’est l’histoire d’un jeune homme, Michel, habitant dans une ferme de Lahitte, non loin d’Auch, en pleine et vallonnée campagne.
Michel rêve d’aller sur Auch pour devenir danseur dans le cabaret « le canard déplumé ». Mais à Lahitte, sa vie tourne autour d’autres canards, ceux qu’ils doit élever, parfois gaver.
Ses parents sont atteints d’une forme rare du syndrome Gilles de la Tourette : ils ne cessent de proférer des jurons extraits de chansons de Daniel Guichard.
« vieux pardessus râpé ! » « Chez nous y avait pas la télé ! » « Le Gitan, le Gitan, que tu ne connais pas ! » « La tendresse, c’est quelquefois ne plus s’aimer ! »
Cet handicap, Michel ne le supporte plus, lui qui est fan de Mika, lui qui voudrait ressembler à Mickaël Jackson…
Ce film est un hymne à la beauté, à l’adolescence qui se rebelle contre le monde des adultes, insensible et productiviste.
Michel nous enchante par son interprétation touchante, par ces moments clés du film où on le voit danser dans la basse-cour, celui où il remporte le concours de danses gasconnes du Grand Auch, ou encore ce moment magique où il danse le lac des cygnes avec ses canards…
Un film où la musique enivrante de Daniel Guichard nous porte, nous émeut, avec « Mon vieux », « le Gitan », « Je viens pas te parler d’amour »…
Une histoire d’amour entre un jeune homme et une femme d’âge plus mûre (n’en dévoilons pas plus pour le suspens).
Un hommage bucolique à la province, aux vertes collines gersoises, au travail des petites gens de la campagne…
Un film à voir en famille, pour blaireaux, béliers et canards, de 7 à 77 ans !

Réouverture du port de Toulouse

C’est décidé, le maire J-L Moudingue nous l’a affirmé peu après son annonce en conseil municipal, le Port Autonome de Toulouse Métropole (PATOUMET), ouvrira ses quais au premier trimestre 2017.

Interrogé sur cette nouvelle, le premier magistrat de la ville rose s’est expliqué.

Toulouse n’aura pas son TGV, ou ce ne sera jamais une vraie ligne à grande vitesse, nous obligeant à passer par Bordeaux d’un côté, ou par Montpellier de l’autre. Quand à arriver jusqu’à Limoges pour que la ligne soit ensuite à grande vitesse, c’est un voyage de plusieurs jours, et un défi pour plusieurs générations. Pour que Toulouse ne soit pas qu’un aéroport, nous en ferons aussi un port. Et pas n’importe quel port, le premier port de voyageurs, armé d’une flotte de péniche à grande vitesse (PGV) et de Péniches super soniques (Péniss). Le CNAM (Conservatoire National des Amateurs de la Mer) planche sur des prototypes que nous testerons bientôt.

C’est avec un enthousiasme et une fierté non dissimulés que M. Moudingue nous a ensuite orienté vers l’ingénieur et architecte naval Walter Laud, responsable du projet, pour plus d’explications.

            Nous implanterons ce port au niveau du quai de la Daurade où n’oublions pas qu’au moyen-âge il fut ainsi nommé à cause de navires de pêches qui y ramenaient un impressionnant tonnage de dorades. Avec le temps les canaux se sont bouchés, le débit de la Garonne a été amoindri par la plantation d’innombrables platanes sur toutes ses berges. Nous couperons tous ces platanes (malades par ailleurs) et nous élargirons le lit de la Garonne, la débroussaillant et la rendant plus belle. Nous voulons rendre Toulouse aux marins, pour que la saucisse toulousaine, repas du docker d’autrefois, retrouve son humilité, sa virilité et son côté populaire.

« Oui à la saucisse du Port ! »

« Des Péniss à Toulouse ! »

Tels étaient quelques-uns des cris poussés par les supporters de ce projet qui ne sera définitivement voté qu’après les élections cantonales.

Marie, étudiante d’origine Lilloise, à Toulouse :

« En prenant la Péniss à Toulouse à 17h, je pourrai partager mes moules frites à Dunkerque en soirée… même si j’adore la saucisse toulousaine aussi ».

Jean-Pilou, Enseignant à Tournefeuille :

« Je trouve que c’est une belle solution écologique. J’aime souvent aller sur Lyon, grâce aux Péniss je rejoindrais la capitale des Gaules en quelques heures ».

Nous ne manquerons pas de vous tenir informés des travaux du PATOUMET qui à n’en pas douter créeront de beaux bouchons dans notre belle capitale occitane.

 

Jean Bark-Toudsuitt

!

!

Bibibip ! Dingue ! Dur ! Drôle journée ! bibibip ! Sonne ! Pas réveillé !

Bam ! Putain de porte ! Dans mon pied ! Fais chier boiter ! Merde ! Dehors c’est frigo ! Neige sur glace ! Vent polaire ! Putain je suis retard ! Boulot de merde ! Toujours même chose ! Mettre dans boîtes ! Des collègues cons ! Pensent qu’à faire chier ! Pas sourires ! Que grimaces ! Chefs petits ! Chaine abrutissante ! Mettre dans boîtes !

Midi ! Rayon soleil ! Grosse faim ! Petit repas ! Appel amoureuse ! Bleu océan ! Cœur qui bat ! Fini ! Reprendre travail ! Szzzzing ! Aïeeeeee ! Blessure sang ! Pansement douleur ! Retour travail ! Boîtes méchantes ! Coupantes !

Soir ! Fin travail ! Métro panne ! Femme inconnue sourire ! Moi sourire ! Soleil retour ! Rappel amoureuse ! Pas là ! Cœur triste ! Repas froid ! Télé comme boîtes ! Vie en boîtes ! Vie sardine ! Nuit seul !

Bibibip

La vie et rien d’autre

La vie et rien d’autre.

Etre

Rêver

Vivre tout

Aimer le jour

Rire sans raison

Attendre le bon moment

Se lever en forme, reposé

Sourire devant sa glace, le matin

Courir dans la campagne, fort, sous la pluie,

Chanter à tue-tête dans sa cuisine, seul en pleine action,

Penser à sa chérie, aux meilleurs moments, les plus magiques,

Avaler les kilomètres de la route, en voiture, en caressant le paysage enneigé,

Sentir la passion faire battre son cœur, accélérer les secondes qui nous séparent de l’être aimé,

Devenir jour après jour celui qu’on a toujours voulu être, celui dont on rêvait, inaccessible, merveilleux,

Cueillir chaque instant de la vie comme un pétale recueille la douce rosée rafraichissante d’un jour brûlant de l’été,

Revivre sans cesse les bons moments qui ont éclairé nos routes et aimer partir à la rencontre des nouveaux chemins du bonheur,

Accepter de voir passer le temps, de l’entendre couler comme un ruisseau qui nous emporte dans un joyeux bruit de cascade montagnarde

S’accrocher à tous les sourires qui nous ont été offerts, les attraper comme des prises pour grimper un peu plus haut, aller un peu plus loin, vers le ciel

Comprendre qu’un jour on est arrivé, qu’il n’y a plus rien à gagner, juste poser ses valises, profiter du point de vue, étendre ses bras pour approcher à nous ceux qu’on aime.

Paul

Paul

Paul aime plus que tout la boxe, le karaté, le full contact, tous ces sports où il faut se battre sur un ring. Non pas que Paul aime se battre, mais c’est surtout qu’il aime regarder ces sports à la télé. Il trouve que c’est beau et authentique et il aime la fraternité qui règne entre les combattants. A chaque pause, Paul aime aller taper du poing contre les poutres en bois qui soutiennent la toiture. Il frappe à petits coups secs contre les lourds poteaux, une centaine de fois, jusqu’à ce que les poutres aient d’infimes marques qu’il ira parfois scruter. A 17 ans, Paul fait une petite centaine de kilos, pour un bon petit mètre quatre-vingt-dix. Il parait solidement charpenté et ferait probablement un bon maçon. Pourtant Paul aime la mécanique quantique où l’astrophysique. Mais il ne trouve pas de personnes à qui en parler. Alors des fois, sur l’ordinateur, il s’enfuit vers des sites où les chiffres tombent comme s’il en pleuvait, où les formules mathématiques forment un brouillard épais. Paul aime ce paysage et cette brume. J’aime parler avec Paul parce que c’est toujours avec beaucoup d’humour que nous nous parlons, que nous aimons nous promener vers des lieux inconnus des autres, mais je méfie, parce que des fois Paul m’égare dans ces promenades. Je reviens vite alors dans notre monde mais je perds Paul qui lui aime rester longtemps dans son univers, un univers qui communique très peu avec le nôtre. Paul est autiste mais cela on ne le dit jamais, ni lui, ni moi, parce que cela ne nous servirait à rien. On sait, c’est tout, on fait avec, on cherche et on trouve des chemins pour se faire des signes, des coucous, des morceaux de paroles envoyés ou reçus… Des jours où rien ne passe, des jours où c’est drôle, des jours où tout est facile.

Max

Max.

Max aime rouler en voiture. Pour aller n’importe où. Il aime que la route soit longue, que ce ruban bleu se déroule à l’infini devant lui. Il adore les autoroutes. Il s’arrête quand il le faut sur les aires de repos, de préférences les grandes. Il aime regarder les routiers de toutes nationalités en train de se préparer à passer leur nuit dans leur cabine. Max peut rouler deux jours d’affilés. Il peut à la fin revenir à son point de départ. Quand il part il oublie tout.

Un jour, après une journée de route il était arrivé en Italie, il ne savait plus comment il s’appelait, qui il était. C’est depuis ce jour-là qu’il s’appelle Max, parce que quelqu’un ce l’a alors traité de Mad Max. Il se souvient que ce jour-là c’est comme s’il était né une seconde fois, une immense sensation de liberté, une vie neuve, comme une page blanche à écrire.

Il savait qu’au fond, il pourrait retrouver qui il était, toute sa vie d’avant, mais il n’en avait pas envie, il voulait être Max.

Et il est libre Max…

19 janvier

Aujourd’hui une collègue m’a dit que c’était le pire jour de l’année, parce qu’on n’est plus avant les fêtes, que la période des bonnes résolutions est finie, qu’on n’arrive pas à les tenir, etc…

Pourquoi faudrait-il que ce jour, le 19 janvier soit le plus mauvais de l’année ? Il parait qu’il y a des applications téléphoniques (des « applis ») qui nous disent cela, comme j’ai entendu ce pauvre Werber (écrivain ?) vanter son appli lui permettant de dire s’il a ou non bien dormi.

Je ne sais pas pour vous, mais moi, je me rends compte comme un con, tout seul, si j’ai bien dormi ou non, en posant le pied sur le sol, au moment où je quitte mon lit. A quand les applis pour savoir si on a fait un beau caca ou si on est un amant performant (ah oui, ça existe aussi).

Aujourd’hui, c’est un lundi, j’aime les lundis, je sais, ce n’est pas courant, mais pourquoi pas ? Ce que j’aime dans les lundis c’est qu’ils sont le début de quelque chose, au moins d’une semaine. J’aime les débuts, c’est toujours plein de promesse, comme les bébés qui viennent de naître, ils sont tout mignons. Les lundis, ce sont des petits bébés de semaine, ils sont sympas, encourageons-les.

Alors comment est-il ce lundi ? Je dirais que c’est un jour bleu, en hommage à Daniel Tammet, cet autiste qui a écrit « je suis né un jour bleu ». Il associe à des nombres tout un tas de choses, comme des couleurs ou des jours, certains nombres comme Pi sont pour lui des paysages remplis de chiffre.

Tout ça pour finir par dire qu’aujourd’hui ne peut pas être a priori le pire jour de l’année, il sera ce que nous en ferons, il sera de la couleur dont nous le peindrons.

Et ma couleur préférée est le bleu…

Rouge-gorge

Un petit rouge-gorge se promène

Tous les midis devant ma fenêtre

Il sautille quelques instants,

Va du sol à un arbuste,

Quitte une branche pour une autre.

Je m’approche, je commence à le détailler,

A fixer cette couleur orange rouille

Sur son poitrail.

Il n’est pas bien gros

Ses plumes gonflées

Semblent lui tenir chaud.

Déjà il est parti,

Et je regarde ce pré vert

Qui s’étend loin devant,

Une brume légère court sur son ventre,

Chassée par un soleil froid d’hiver.

Je suis derrière ma vitre, au chaud,

Mais quelque chose en moi est parti

Avec mon petit rouge gorge.